dimanche 29 octobre 2017

Cimetière parisien de Passy

Petite promenade dominicale au cimetiére de Passy à la découverte de la scépulture Chenu-Rodier (2015). 


En plus de la chapelle Chenu Rodier,
Les sépultures de la famille Delessert (industrie du sucre de bettrave)
Celle d'une Hélène Bouilloux-Lafont (1910-2003)
Celle de l'empreur du Viet-Nam Bao Daï
Une tombe sans inscription.

vendredi 18 août 2017

nouvelle activité pour LEROUX DUFIE


Publicité dans La Presse (1837) pour un cours de technologies sur la fabrication des sucres par Leroux Dufié à l'école d'agriculture:

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4270087/f4.item.r=duffi%C3%A9%20l%C3%A9gion.zoom


autre ouvrage
idem 1839

DU RAFFINAGE DES SUCRES BRUTS DE LA FABRICATION DU SUCRE INDIGENE
Et des causes de la fermentation et de ]'altération des sirops dans les sucreries et dans les raffineries, considérées sous le rapport du rendement des sucres bruts, par M. LEROUX DUFÏE
1 vol. in-8, orné de 4 planches. Prix 5 fr.– Paris. Mme Veuve HUZARD, rue de l'Éperon; DAUDRÉE, galerie Vivienne. (1083)



activité d'INGENIEUR CIVIL (1868?)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6562742f/f373.item.r=%22leroux%20dufie%22.zoom



Description du procédé Leroux Dufié (ouvrage de 1839)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6306637w/f195.image.r=%22leroux%20dufie%22

lundi 14 août 2017

[14-18] Les décorations rubans, rosettes et cravates (suite et fins)- Charles Chenu (1855-1933)

Trois écrits de Charles Chenu feront suite à son premier article :

LES DÉCORATIONS LETTRE AU DIRECTEUR DE « LA LIBERTÉ »
12 novembre.
Mon cher directeur, Vous voulez bien me communiquer la lettre d'un de vos lecteurs qui repousse l'idée d'établir, pour le port des insignes de la Légion d' honneur, une distinction au profit de ceux qui auront été décorés pour faits de guerre en 1914, et vous avez la courtoisie de me provoquer à une réponse.
A en juger par les lettres que j'ai reçues, votre correspondant est seul à demander le maintien du statu quo.
Si la Légion d'honneur était demeurée ce qu'elle fut dans l'esprit de son fondateur, si elle n'avait jamais été décernée que pour des mérites exceptionnels profitant au pays, il pourrait avoir raison. Mais, sans polémique, sans qu'il soit besoin d'évoquer le souvenir de certains scandales, il reconnaîtra avec moi, avec tous, que le ruban, détourné de sa destination première, a récompensé à profusion des services qui n'intéressaient ni de près, ni de loin, le salut ou la grandeur de la France. On s'en est à peu près accommodé.
Mais aujourd'hui c'est l'existence même de la nation qui est en cause. L'histoire universelle n'offre rien qui soit comparable à la guerre de 1914, ni pour l'énormité de l'enjeu, ni pour l'immensité des sacrifices consentis, ni pour la sublime émulation de dévouement et de courage entre nos combattants. Que fait-on?
La médaille militaire aux sous-officiers et soldats, la Légion d'honneur aux officiers : voilà l'héroïsme récompensé. Et c'est fort bien.
Ce qui l'est moins, c'est qu'avec son ruban rouge, le héros est élevé au même niveau qu'un sous-préfet qui a fait de bonnes élections, ou qu'un avocat qui a réussi. Si le sous-préfet et l'avocat sont des honnêtes gens, ils ne peuvent pas tolérer cette égalisation.
Votre lecteur paraît croire que je demande une Légion d' honneur civile pour les civils, une Légion d'honneur militaire pour les militaires. Ce n'est pas cela. Je voudrais qu'un signe visible permît de distinguer le ruban décerné pour faits de guerre de 1914. Je ne regarde ni l'homme, ni son habit; je vais au fait. Le maire de Reims, civil, aura ce signe. Tel brave homme d'officier, décoré à l'ancienneté, loin du feu, ne l'aura pas.
Pour le choix de ce signe, je suis sans amour-propre d'auteur. S'il en coûte trop aux légionnaires actuels de diminuer la largeur de leurs rubans, ajoutons à l'insigne des décorés pour faits de guerre de 1914 un chiffre, une étoile, une croix minuscules, ce qu'on voudra, pourvu que je puisse demain reconnaître au passage les plus glorieux entre les sauveurs de la Patrie.
C'est bien le moindre devoir de ceux qui ne risquent rien envers ceux qui risquent tout.
Je vous prie, mon cher Directeur, d'agréer l'assurance de mes meilleurs sentiments.
(La Liberté.)

LES DÉCORATIONS
AMENDEMENT
7 décembre 1914.
Un bel article de M. Maurice Barrès a donné un nouvel élan à la question des distinctions décernées pour faits de guerre en 1914. Ce m'est une occasion de revenir à la proposition relative aux croix de la Légion d'honneur données pour actions d'éclat au cours de la campagne actuelle et qu'il s'agirait par un signe quelconque de distinguer des croix antérieures. Le projet a suscité des mécontentements prévus que je persiste à négliger, mais a provoqué aussi des chagrins dignes d'égards.
Un receveur en retraite, sous-officier d'infanterie en 1870, amputé, m'écrit d'une plume irritée qu'il ne veut pas de discrédit pour son ruban rouge : « Ma croix vaut bien, dit-il, celles de mes jeunes camarades de 1914. »
Il a raison.
Plus calme, un ancien capitaine d'infanterie coloniale, réformé n° 1, écrit « qu'il a souffert et beaucoup, parfois solitairement, pour avoir le ruban rouge et qu'il craindrait d'avoir l'air d'avoir eu un faux courage, alors que seuls ceux de 1914 auraient eu le vrai»
Il a raison.
Sans doute, il n'est jamais entré dans ma pensée de discréditer les justes récompenses décernées à ces braves. Mais sous l'étreinte du drame immense et superbe où l'Europe est engagée, où s'absorbent depuis quatre mois toutes nos pensées, j'ai pu perdre de vue un principe auquel on me rappelle.
C'est que la gratitude de la France est à l'abri de toute prescription, que le temps ni la distance ne doivent avoir aucune prise sur elle et que l'égalité de traitement s'impose entre ceux qui aujourd'hui libèrent pied à pied le sol national et ceux qui eu 1870 l'ont défendu ou ceux qui, en Chine, au Tonkin, au Maroc, ont prodigué sur les champs de bataille leur bravoure et leur sang.
Je maintiens donc, mais j'amende.
Je maintiens, me sentant appuyé par une opinion presque unanime, que nous aurons après la paix l'impérieux besoin de saluer au passage les plus glorieux de nos héros.
Dieu seul à première vue reconnaît les siens.
N'ayant pas cette faculté, nous voulons qu'on nous aide et qu'on nous permette de distinguer entre les autres le décoré pour faits de guerre.
Est-ce rabaisser le mérite civil et disqualifier le ruban rouge qui l'a consacré? Eh non! ne me parlez plus de discrédit. Rien n'est plus à faire : tout est fait. Le discrédit est l'œuvre d'un passé où les complaisances, les faveurs, les concours politiques et électoraux se sont substitués au mérite, au point que, dans la hiérarchie de la Légion d'honneur, un fonctionnaire, disposant d'amitiés puissantes, précède souvent les plus illustres de nos savants, de nos hommes de lettres ou de nos artistes, sans que d'ailleurs ceuxci s'en plaignent.
Je ne porte donc nulle atteinte ni aux droits ni aux passe-droit en réclamant le signe distinctif pour faits de guerre. Reste à le créer. L'agrafe paraît, d'après la petite consultation qui m'est parvenue, réunir la pluralité des suffrages. Créons l'agrafe.
Nous ne ferons en cela que suivre l'exemple de nos amis les Russes, qui, pour certains de leurs ordres, ont la croix ordinaire, à laquelle s'ajoutent deux épées croisées, quand elle est donnée pour faits de guerre.
Et j'amende.
Cette agrafe, nous ne la donnerons pas seulement aux décorés de 1914; elle sera attribuée également aux rubans décernés pour tous faits de guerre antérieurs, dont la revue sera facile.
Mais c'est bien entendu; je le répéterai sans cesse, qu'il s'agisse de 1914 ou de toute autre année : Pour faits de guerre seulement, seulement, SEULEMENT. Vous devinez mes craintes.
(Le Gaulois.)

LES DÉCORATIONS NE PARONS PAS L'UNIFORME
13 décembre 1914.
J'entrais, il y a quelques jours, dans un restaurant des boulevards. A la table voisine de celle que j'allais prendre trois dîneurs étaient installés, dont un caporal en uniforme, portant sur sa tunique de fantassin le ruban et la croix de la Légion d'honneur. D'instinct, je me disposais à le saluer, sans le connaître. A la réflexion, je me suis méfié : j'ai simplement passé mon chapeau au garçon.
Je ne sais pas encore si j'ai eu tort.
Et si je ne le sais pas, c'est que beaucoup de mobilisés ont cru convenable de transporter de la jaquette à l'uniforme en y ajoutant croix ou palmes, le ruban rouge violet ou autre que leur avaient valu leurs mérites civils.
C'était leur droit. Ont-ils bien fait d'en user? Je pose la question.
Je ne blâme pas la pensée qui, sans doute, les a guidés. Heureux et fiers d'endosser l'uniforme, ils ont voulu l'honorer par une contribution personnelle et l'associer par la parure de leurs rubans à leurs efforts heureux et à leurs distinctions de la vie civile interrompue.
Je les comprends ; je sens autrement. On n'a pas à honorer ni à parer l'uniforme.
L'honneur ici, c'est l'uniformité ; la parure, c'est la simplicité. N'ajoutons à l'uniforme rien qui ne vienne de lui, qui n'ait été gagné par lui. Ne compromettons pas l'alignement, fût-ce de l'épaisseur d'un ruban ou d'une rosette, s'ils n'ont pas été conquis sous l'uniforme. Rien ne doit briller dans le rang que croix et médailles obtenues sous les armes. L'invisibilité est la règle : en y manquant, on attire à soi les balles des Boches ou les regards des badauds. C'est au moins inopportun.
La servitude militaire doit être absolue.
A cette condition, elle est grande et féconde.
Grande, parce qu'elle emporte le renoncement au plaisir, au bien-être, à toutes les petites satisfactions de la vie, et qu'elle va jusqu'à l'offre de la vie même. Féconde, parce qu'elle crée alors cette fraternité d'armes qui coule comme un grand fleuve limpide et pur d'un bout à l'autre du front de nos armées, qui se répand depuis quatre mois partout où l'on se bat et partout où l'on souffre, et qui, l'heure venue, balaiera de son irrésistible courant les petites intrigues, les mesquines rivalités, les habiles combinaisons de nos politiciens inquiets.
Acceptez cette servitude, vous tous qui portez l'uniforme. Acceptez-la sans un regret, sans un regard sur le passé. Il n' y a qu'une livrée qui soit glorieuse ; mais elle l'est plus que les habits les plus chamarrés.
C'est la livrée de France. Ne cherchez pas à l'embellir : c'est impossible. Vous risquez d'embarrasser vos chefs et d'en être gênés vous-mêmes.
Voyez au front.
Voyez ce général d'armée qui a revêtu la tunique du simple soldat et qui ne montre ni étoile ni plume blanche. Oserez-vous devant lui conserver votre gentil ruban?
Voyez à vos côtés ce camarade qui a quitté son établi d'ouvrier à l'heure où vous quittiez votre atelier d'artiste ou votre cabinet d'homme de lettres. Pour lui serrer la main un soir de bataille, pour l'embrasser s'il vous a sauvé la vie, ou plus simplement pour associer dans la familiarité du tutoiement vos aspirations, vos haines et vos espoirs, ne craignez-vous pas que ce morceau de soie ne fasse cloison entre vous?
Si vous le pensez avec moi, remisez discrètement votre ruban. Ne le montrez pas sur la ligne de feu, si ce n'est pas là que vous l'avez gagné. Montrez-le moins encore sur nos voies publiques, à moins qu'il ne soit retour des Flandres, d'Argonne ou des Vosges.
Vous le retrouverez après la guerre, et vous pourrez alors vous appliquer, si peu que ce soit, la parole d'un des personnages d'Alfred de Vigny : « Et moi aussi, j'ai fait abnégation. »
(Le Gaulois.)

mercredi 9 août 2017

Site de la semaine : la Cour des comptes


Au détour d'une recherche sur le web, je trouve des informations généalogiques sur le site de la Cour des comptes.

Parmi les 862 notices biographiques en ligne, figure celle de Jacques Gravelin qui précise son ascendance, le cousinage Marcou et fortuitement un des ses descendants contemporains:
https://www.ccomptes.fr/fr/biographies/gravelin-jacques-auguste-christian

Je connaissais les associations généalogiques de personnels d'administration ou d'institution (ex. Généa BDF pour la Banque de France) mais pas des administrations qui traitent ainsi en direct leur patrimoine d'archives.

Concernant le cousinage, le bottin mondain 1953 liste pour Marcou-Chenu:
Marcou-Chenu (Georges) et Mme née Chenu 69 av. de la Grande Armée, Paris (XVI)
Enfants : René, Jeannine (Mme Robert Gravelin), Yvonne (Mme Pierre-Louis Mallen), Colette (Mme Guy Raclet), Francine (Mme J Tassin de Montaigu)

samedi 5 août 2017

Nattie dans la littérature française


Napoléon Alexandre Alfred Duffié

  • Histoire de la guerre civile en Amérique par M. le Comte de Paris (tomes 5ième et 6ième)

plusieurs mentions (une dizaine, page 106, ...753)
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k408959x/f109.image.r=duffié.langEN

une mention (page 28)
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k408958j.image.r=duffié.f3.langEN


  • L'armée du Potomac par le général Régis de Trobriand
pages  321, 330
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k408965r.image.r=duffié.f4.langEN



vendredi 4 août 2017

[14-18] Les décorations rubans, rosettes et cravates - Charles Chenu (1855-1933)

Après m'être documenté sur la Garde Nationale au travers de divers récits pour différentes époques (1848 et 1870) en relation avec les Duffié, je me plonge actuellement dans la période de la première guerre mondiale.
Voici un écrit de Charles Chenu, descendant Tillier/Rodier.

LES DÉCORATIONS RUBANS, ROSETTES ET CRAVATES
9 novembre 1914.
extrait de "de l'arrière à l'avant" de Charles Chenu, Plon-Nourrit et Cie, 1916

J'espère ne chagriner personne en constatant que les décorations avaient, bien avant la guerre, perdu, sinon leur attrait, du moins leur prestige. S'il n'y en avait pas assez pour satisfaire l'appétit de tous les affamés, il y en avait trop pour qu'elles pussent conserver leur valeur distinctive.
La Légion d'honneur n'avait pas échappé à ce discrédit. La pluie rouge était tombée si abondante et si drue que les gouttes s'en étaient réparties au petit bonheur et sans choix. Des hommes qui sont la gloire du pays et assurent son renom dans le monde ne piquent au revers de leur habit ni ruban ni rosette, tandis que d'autres, trop peu connus ou trop, en présentent l'assortiment aux regards étonnés. C'est ainsi que, par une loi aussi impérieuse que celle des proportions, plus les légionnaires devenaient légion, moins ils devenaient d' honneur.
Mais voici la guerre et voici qui change.
Chaque jour nous apporte le récit de prouesses devant lesquelles nous restons prosternés d'admiration et de reconnaissance. Tous, officiers ou soldats, tous, bourgeois, ouvriers ou paysans, tous rivalisent de courage, de dévouement et d'abnégation. Et la liste s'allonge sans cesse de ces noms tirés brusquement de leur ombre pour être projetés dans une pure et radieuse lumière par des actions d'éclat qui déconcertent l'imagination. Qui de nous n'en a fait l'expérience? Si le doute nous effleure et si l'impatience nous gagne, il suffit de faire la lecture de ces citations à l'ordre du jour. C'est un bain d'énergie où se retrempe et se tonifie l'esprit, où se noient toute inquiétude et toute désespérance.
Comment reconnaître et acquitter la dette contractée par la patrie envers ses enfants? Un seul moyen : la décoration.
Médaille militaire ou Légion d'honneur.
Ruban jaune ou ruban rouge. C'est bien, mais à une condition.
La médaille militaire ne prête à aucune confusion. Le ruban jaune parle un clair langage qui ne peut abuser personne.
Mais le ruban rouge?
Quoi! le même insigne pour ce vaillant qui a mis le premier la main sur la hampe d'un drapeau ennemi et pour ce jeune homme qui a recueilli ce rouge souvenir de son court passage dans le cabinet d'un ministre qui lui voulait du bien!
La même rosette pour ce commandant qui, malgré la mitraille et ses blessures, a entraîné ses hommes au combat, et ce très digne fonctionnaire dont on a récompensé avec raison les longues années de service et de fidélité !
La même cravate à ce général qui par sa tactique et sa hardiesse a amené sa division au point et à l' heure voulus pour décider de la victoire, et à ce somptueux financier qui, dans le maniement de l'épargne française, ne paraît pas avoir sacrifié ses intérêts!
Cela, impossible.
Il ne faut pas qu'après la paix vous ou moi soyons exposés à nous découvrir devant l'ancien attaché de cabinet, l'honnête fonctionnaire ou le riche banquier, croyant saluer le soldat, le commandant ou le général. J'en appelle à la probité des membres de la Légion d'honneur. C'est à eux de se refuser à une confusion dont ils auraient autant de honte que d'un abus de confiance.
Le moyen? Oh! si simple.
Il ne s'agit pas de porter atteinte à des droits acquis, ni de supprimer l'Ordre, nid'en créer un autre. Une mesure très facile suffirait.
On a actuellement le droit de porter l'insigne comme on veut, ou large ou mince, suivant son goût pour la toilette ou discrète ou voyante. Il suffit de réglementer les dimensions, largeur du ruban ou de la cravate ou du cordon, diamètre de la rosette.
Un millimètre au ruban civil, trois au ruban donné pour faits de guerre, mais rien que pour faits de guerre. Un demi-centimètre de diamètre à la rosette civile, un centimètre à la rosette militaire. Ainsi du reste.
J'ai le droit de faire condamner à la prison celui qui me vole mon argent. Je ne veux pas qu'on vole aux héros qui nous préparent aujourd'hui, qui nous assureront demain la victoire, l'hommage et la gratitude de la France.
(Le Gaulois.)

lundi 5 juin 2017

Hommage à Henri Rivière

Le site http://www.b-link.fr/HR  demeure le site de référence sur Henri Rivière.

Voici une liste d'ouvrages complémentaires sur Henri Rivière :



2016 Henri Rivière Entre impressionnisme et japonisme - BNF éditions - 271772609 (réédition de l'ouvrage de 2009) disponible ici


2014 Hokusai, Hiroshige, Henri Rivière. L'amour de la nature - Philippe Le Stum - Locul Solus - 2368330542 disponible ici

2011 Les trente-six vues de la tour Eiffel -  James A. Ganz

2011 Henri Rivière : Paysages bretons, études de vagues - Valérie Sueur-Hermel - éditions Langlaude - 2915677395

2009 La Bretagne de Henri Rivière - Philippe Le Stum - Bibliothèque de l'Image - 2814400061

2004 Henri Rivière la Bretagne aquarelles inédites - René Le Bihan - Equinoxe Impressions du Ponant
2004 Henri Rivière la Provence aquarelles inédites - René Le Bihan - Equinoxe Impressions du Ponant

2004 Les détours du chemin : Souvenirs, notes et croquis 1864-1951 - Equinoxe - 2841354334

samedi 15 avril 2017

Hommage à Caffieri

Si l'on m'avait dit lorsque j'ai commencé la généalogie que je retranscrirais un poème...
Voici un poème dont la référence a été trouvée par hasard sur internet (site du musée de la Marine).

Cette admirable ode m'a rappelé que la branche Caffieri d'Evreux descend d'un maître sculpteur des vaisseaux du Roi à Brest.


La figure de Proue
Lucie Delarue-Mardrus (1874-1945)

La figure de proue allongée à l’étrave,
Vers les quatre infinis, le visage en avant
S’élance ; et, magnifique, enorgueilli de vent,
Le bateau tout entier la suit comme un esclave.

Ses yeux ont la couleur du large doux-amer,
Mille relents salins ont gonflé ses narines,
Sa poitrine a humé mille brises marines,
Et sa bouche entr’ouverte a bu toute la mer.

Lors de son premier choc contre la vague ronde,
Quand, neuve, elle quitta le premier de ses ports,
Elle mit, pour voler, toutes voiles dehors,
Et ses jeunes marins criaient : « Au nord du monde ! »


Ce jour la mariait, vierge, avec l’Inconnu.
Le hasard, désormais, la guette à chaque rive,
Car, sur la proue aiguë où son destin la rive,
Qui sait quels océans laveront son front nu ?

Elle naviguera dans l’oubli des tempêtes
Sur l’argent des minuits et sur l’or des midis,
Et ses yeux pleureront les havres arrondis
Quand les lames l’attaqueront comme des bêtes.

Elle saura tous les aspects, tous les climats,
La chaleur et le froid, l’Equateur et les pôles ;
Elle rapportera sur ses frêles épaules
Le monde, et tous les ciels aux pointes de ses mâts.

Et toujours, face au large où neigent des mouettes,
Dans la sécurité comme dans le péril,
Seule, elle mènera son vaisseau vers l’exil
Où s’en vont à jamais les désirs des poètes ;

Seule, elle affrontera les assauts furibonds
De l’ennemie énigmatique et ses grands calmes ;
Seule, à son front, elle ceindra, telles des palmes,
Les souvenirs de tant de sommeils et de bonds.


Et quand, ayant blessé les flots de son sillage,
Le chef coiffé de goëmons, sauvagement,
Elle s’en reviendra comme vers un aimant
À son port, le col ceint des perles du voyage,

Parmi toutes les mers qui baignent les pays,
Le mirage profond de sa face effarée
Aura divinement repeuplé la marée
D’une ultime sirène aux regards inouïs.

                                *
                               **

… J’ai voulu le destin des figures de proue
Qui tôt quittent le port et qui reviennent tard.
Je suis jalouse du retour et du départ
Et des coraux mouillés dont leur gorge se noue.

J’affronterai les mornes gris, les brûlants bleus
De la mer figurée et de la mer réelle,
Puisque, du fond du risque, on s’en revient plus belle,
Rapportant un visage ardent et fabuleux.


Je serai celle-là, de son vaisseau suivie,
Qui lève haut un front des houles baptisé,
Et dont le cœur jusqu’à la mort inapaisé,
Traverse bravement le voyage et la vie.

 

Accès à l'ouvrage numérisé :
https://archive.org/details/lafiguredeproue00dela
Accès à une version retranscrite complète de l'ouvrage :
http://www.poetesses.fr/delarue-mardrus-la-figure-de-proue-1908


Accès au paragraphe de l'ouvrage de référence de Jules Guiffrey sur les Caffieri maîtres sculpteurs des vaisseaux du Roi (pages 463-480) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6375759f/f527.image
à noter que l'illustration de la page 468 est celle qui sert pour la première page de l'ouvrage (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6375759f/f13.image) ... à croire qu'elle prime sur les oeuvres de ses illustres cousins.

samedi 7 janvier 2017

Prose de Jean Baptiste Leroux-Dufié



http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5483620x/f2.item.r=%22leroux%20dufie%22.zoom




FAITS DIVERS

M. Leroux-Dufié, bien connu dans l'industrie su-
crière, a adressé la lettre suivante au Courrier du 
Nord.
A Monsieur le Rédacteur en chef du COURRIER DU NORD.

      Monsieur,
Dans le n° du 16 mars de votre estimable journal
je lis une note dans laquelle vous dites <que les jour-
naux américains annoncent qu'il est parti des Etats-
Unis pour la France une machine à fabriquer des 
fers à cheval ; que cette machine peut fabiquer 3,600 
fers par jour, etc. " 
Dans votre n° du 20 mars vous revenez sur cette 
invention (qui, à coup sûr, mérite d'être signalée,
si elle est telle qu'on l'annonce, par l'importance des 
résultats immenses qu'elle devra procurer au public 
en général, aux besoins de l'armée, aux compagnies 
de chemin de fer par traction avec chevaux, aux 
agriculteurs, etc.), et vous dites que sans nous, en 
douter, nous allons bien loin chercher ce qui va pa
raître avant peu de jours à Valenciennes; qu'un de 
vos concitoyens, mécanicien aussi ingénieux qu'ha-
bile, M. F. G., a pris, il y a quelque temps, un bre-
vet d'invention pour une machine du même genre 
mais qu'il est probable que la découverte prêtée au
hasard à un Américain; et celle du M.F. G. ne font
qu'une seule et même chose, car, parait-il, par une
coïncidence singulière le brevet pris par notre com-
patriote porte que la machine, ainsi que celle des 
Etats-Unis, peut fabriquer 3,600 fers par jour; que 
des expériences en grand assurent, vous dit-on, le
succès de cette œuvre dont l'importance et l'utilité
peuvent être facilement appréciées, et qu'elle fera
honneur à l'industrie valenciennoise. Enfin le Cons-
titutionnel du 21 mars a reproduit votre article dans
ses colonnes, ce qui prouve l'importance que vous
avez vous-même reconnue à cette découverte.
Maintenant, permettez-moi de vous dire, Monsieur
le rédacteur que la machine américaine en question
existe depuis plusieurs années ; mais il parait que
jusqu'à présent elle n'a pas répondu aux besoins de
l'industrie. Cette machine d'importation anglaise,
est d'ailleurs, au dire de personnes compétentes et qui 
la connaissent, d'un agencement et d'une complica-
tion tels que les résultats en sont encore à l'état pro-
blématique; les fers sortent de la machine à l'état
brut, et il faut les retoucher à plusieurs reprises avant
de pouvoir les livrer au commerce, ce qui entraîne à
une main-d'oeuvre et à une perte de temps considé-
rable; il ne serait donc pas tout à fait exact de dire  
que celle-ci peut faire 3,600 fers par jours, et de plus,
s'il fallait l'établir en France, elle coûterait plus de 60
mille francs.
M. F. G. connaissait-il la machine américaine, je
l'ignore? Mais à coup sûr il doit savoir (car c'est la
première chose dont doit s'inquiéter un inventeur
sérieux) qu'il a été pris en décembre 1856 un brevet
d'invention pour une machine à fabriquer les fers à
cheval. Cette machine primerait par conséquent celle
de M. F. G., dont le brevet, nous le savons n'est pas
encore delivré.
L'inventeur de cette nouvelle machine est M. Du-
treilh, vétérinaire, rue Guy-Labrossee, 6,  à Paris.
Son appareil est d'une simplicité notable, les fers
sont fabriqués d'un seul coup et pour ainsi dire com-
me avec un emporte-pièce; ils sont, au sortir de l'ap-
pareil, d'un fini et d'une perfection vraiment remar-
quables ; et, de plus, la machine mise en mouvement
peut fabriquer, non plus seulement 3,600 fers par
jour, mais 4,000, mais 5,000 et plus si cela était né-
cessaire et ne laissant rien à désirer non plus sous le
rapport de la qualité.
  Monsieur le Ministre de la guerre, dans sa sollici-
tude pour les innovations utiles, et auquel les échan-
tillons de ces fers ont été présentés par l'inventeur, a
décidé qu'un rapport lui serait adressé sur les avan-
tages que pourrait présenter le système de fabrication
de fers à la mécanique, comparativement au mode
de forger actuel à la main. Ce rapport est prêt, l'usine
et le matériel d'exploitation s'organisent, mais le rap-
port ne sera présenté qu'après les premières livrai-
sons des fers faites principalement aux maréchaux
de l'armée.
  La publicité que vous avez donnée à l'invention de
M. F. G., me fait espérer, monsieur le rédacteur,
que vous ne ferez pas moins pour M. Dutreilh, inven-
teur sérieux, digne du plus grand intérêt, qui a sacri-
fié la plus grande partie de sa fortune à la réalisation
de son invention. Vous savez les difficultés sans nom-
bre et de toute sorte que rencontrent les novateurs
industriels qui vouent leurs veilles à l'avancement de
l'industrie nationale, ils méritent à ce titre les en-
couragements de la publicité qui seule peut fixer
l'attention publique sur les inventions et sur les in-
venteurs; vous n'avez jamais fait défaut à cette classe
si intéressante de travailleurs, c'est pourquoi j'ai la
confiance que vous accueillerez favorablement ma ré-
clamation en faveur de M. Dutreilh pou l'antério-
rité de l'invention de la fabrication mécanique 
des fers à cheval en France, industrie nouvelle
d'une importance considérable et qui peut dans un
avenir très prochain devenir pour le pays et pour la
classe ouvrière spéciale à cette industrie une source
féconde de travail et de profits.
Agréez, monsieur le rédacteur, 
L'expression de mes sentiments bien distingués.
                LEROUX-DUFIE'.


On retrouve dans cet extrait l'intérêt de JB Leroux-Dufié pour la technologie et les brevets (JB Leroux-Dufié ayant lui-même déposé et défendu un brevet d'invention).