mardi 30 avril 2019

Ascendance RIVIERE d 'Ax-les-Thermes



0 Jean Pierre RIVIERE habitant Ax

1 Jean-Pierre RIVIERE (commerçant en 176x, négociant) né vers 1729 (décédé an 8 VUE277/323)
épouse Marie FERRAND

1.2 François RIVIERE né en 1768 (VUE 273/291) parrain François RIVIERE et Jeanne Marie RIVIERE
1.1 Jean-Pierre RIVIERE (notaire à Ax de 1784 à 1826) né vers 1762 (VUE88/291)
épouse Marie SANS décédée en 1801 (17 fructidor an 9 VUE294/323)
enfants :

1.1.1 Jean Pierre Marc RIVIERE 1791-1799 (VUE253/323)
1.1.2 Séraphin Casimir 1796-1799 (VUE253/323)
1.1.3 François RIVIERE (notaire à Ax de 1827 à 1852) né en l'an 2, décédé en 1853 à Ax
épouse Jeanne Marie Julie AUTHIE ORLU (AUHTIER ORLU)
enfants :

1.1.3.1 Jean Pierre Benjamin François Prosper RIVIERE né en 1826 (DCD 11 JUIN 1879 VUE141/212) (profession à déterminer) épouse Marie ALRIC
1.1.3.2 Jeanne marie Louise Désirée RIVIERE née en 1828
1.1.3.4 Joseph Marie Emile Léopold RIVIERE né en 1832
1.1.3.3 Prosper Marie Maurice Clément RIVIERE né en 1830
épouse LEROUX

1.1.3.3.1 Henri RIVIERE né en 1864
1.1.3.3.2 Jules RIVIERE
épouse Marguerite DACHEUX

1.1.3.3.2.1 GH RIVIERE
1.1.3.3.2.2 Thérèse RIVIERE née en 1901

Les informations relatives au notariat d'Ax-les-Thermes (période d'exercice des notaires) proviennent des archives départementales de l'Ariège : ici
Les informations actuelles ne permettent pas de relier les notaires RIVIERE au notaire RIVIERE-BOULIE.

Nota rajouté en mars 2020 : le site wikipedia liste pour le canton d'Ax les thermes Benjamin RIVIERE comme conseiller général de 1868 à 1879 ce qui semble correspondre au frère de Prosper RIVIERE (1826-1879) (cf. également faire-part décès Hugues de BASTOULH  avril 1869 en vente sur Ebay fin 2019 listant les deux frères ensembles, le premier avec son titre).

jeudi 14 février 2019

Thérèse Rivière

Nièce du peintre Henri Rivière et sœur du muséologue Georges-Henri Rivière.

qq références sur son travail d'ethnologue :


Plusieurs pages accessibles en ligne sur sa mission dans la région d'Aurès (Algérie) :
https://www.persee.fr/doc/outre_1631-0438_2004_num_91_344_4116


livre : "Thérèse Rivière, l'ethnologue oubliée du Musée de l'Homme"
de Frédérique Faublée (2013) Edition Tituli
https://www.decitre.fr/livres/therese-riviere-l-ethnologue-oubliee-du-musee-de-l-homme-9791092653151.html#resume

 

Michèle Coquet, « L’« album de dessins indigènes ». Thérèse Rivière chez les Ath Abderrahman Kebèche de l’Aurès (Algérie) », Gradhiva [En ligne], 9 | 2009, mis en ligne le 02 septembre 2012. URL : http://journals.openedition.org/gradhiva/1451 ; DOI : 10.4000/gradhiva.1451



et actuellement sur Georges-Henri Rivière :
exposition au MUCEM de Marseille :
http://www.mucem.org/programme/exposition-et-temps-forts/georges-henri-riviere

en cinq points ...
https://pontdesartsmarseilleprovence.fr/mucem-expo-georges-henri-riviere-actualite/

article et galerie d'images
https://www.claudinecolin.com/fr/1716-georges-henri-riviere.-voir-c-est-comprendre

lundi 14 janvier 2019

Impôt sur le revenu

Mais que vient faire sur ce blog un post sur l’impôt sur le revenu ? Transgression passagère liée à l'actualité ou généalogie d’un impôt ?

Ayant visité l’historial de la grande guerre à Péronne, le guide local évoquait ce à quoi s’intéressait l’opinion publique en 1914 : l’affaire Caillaux. Cela me rappelait qu’un cousin (descendance Tillier, branche Rodier) en avait été un des acteurs. Madame Cailloux avait tiré sur Monsieur Calmette. Mes souvenirs sur cette affaire étaient confus, n’ayant que consulté l’article de wikipedia sur le sujet, il y a bien longtemps.

Je partis en quête d’information et ce n’est que quatre mois plus tard que j’ai trouvé ce livre sur leboncoin début janvier. Un jour de chance car ce livre se fait bien rare (pas encore numérisé sur gallica.fr), tout aussi rare que « Totoche prisonnier de guerre – journal d’un chien à bord d’un tank » (1918) du même auteur (le fils).

Pour mémoire le livre « de l’avant à l’arrière » (1916) de Charles CHENU est quant à lui disponible sur gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6481533s.texteImage

 

LE PROCES DE MADAME CAILLAUX de Charles Maurice CHENU (1960)

Chapitre V

L'impôt sur le revenu

L'impôt sur le revenu. Formule qui déchaîna, avant 1914, tant de passions en France.

Le XIXe siècle avait été le triomphe de la République et, plus certainemenencore, celui de la bourgeoisie. Echelon par échelon, elle gravissait les hauteurs qu'avait occupées l'aristocratie.

Consolidée, forte d'un patrimoine bien géré, elle tendait à croire à son tour que le régime auquel 1a France était parvenue était l'ordre définitif. Quiconque y souhaitait une modification était considéré comme révolutionnaire. On avait enfin trouvé l'équilibre : il fallait s'y tenir, et ne toucher à rien.

Une incroyable impression de sécurité dominait l’époque.

Tout bouleversement étaisi évidemment contraire aux lois naturelles qu'il ne pouvait se produire, ou ne pouvait excéder les limites d'un incident momentané.

On pouvait ainsi placer en hypothèques à longues échéances, consentir des baux emphytéotiques, décider que les arrière-petits-fils entreraient à Polytechnique, que 50 000 livres de rentes en feraient 75 vingt ans plus tard. L'avenir se résolvait par règles de trois.

Dès lors, il ne pouvait être question de toucher au système fiscal. Malheur à qui le tenterait.

Mais pour un ambitieux intelligent, qui sait, par le suffrage universel, que les journaux bourgeois ne sont pas toute l'opinion, quderrière eux et malgré eux, il y a chez les électeurs un mouvement lent et profond, quel beau rôle à jouer !

Rôle sans risques. Les freins sont bons. La « réaction », ouverte sur les bancs de la droite, ou camouflée sur les bancs de la gauche, ne laissera passer que le minimum de réformes et ne permettra pas que soit compromis le patrimoine même des réformateurs.

Elle aura un rôle ingrat; elle seule assumera l'impopularité. Pour le réformateur, en dépit de son impuissance, epeut-être à cause de cette impuissance même, que de beaux gestes, de discours magnifiques!

Combien ne sont moteurs que parce qu’ils savent la force des freins qui les arrêteront!

La formule seule, « l'impôt sur le revenu", avait suffi à dresser contre elle toute la bourgeoisie. Depuis longtemps, elle traînait dans les cartons des commissions, attendant pour sortir le grand financier qui joindrait l'audace à la compétence.

A cette formule, aujourd’hui, le nom de Joseph Caillaux reste seul attaché. Inévitable simplification du souvenir. Mais d’autres se sont employés à sa victoire : et c'est Viviani qui, en définitive, l’a fait voter. Il serait donc excessif, pour l’en louer ou l’en blâmer d’en attribuer à Joseph Caillaux la seule responsabilité. Une réforme est-elle jamais l'œuvre d'un seul homme ? Si celui-là n'avait réalisé cette réforme, un autre, un peu plus tard ou le même jour peut-être l'eût fait aboutir.

Que valait cette réforme, si révolutionnaire?

Le temps a passé. Nous avons accepté la révolution. De mauvaise grâce, évidemment. a-t-il un impôt que nous acceptions de bonne grâce ?

Et si celui-là ne représente pas toujours « la justice fiscale »,peut-être représente-t-il moind'injustice que les précédents. N'edemandons pas trop.

Mais à l'époque, au temps de sa conception, quelles craintes il provoquait, et quelle levée de boucliers!

« L'impôt sur le revenu ? disait Poincaré : ou vous nl'appliquerez pas, et ce sera une duperie. Ou vous l'appliquerez, et ce sera l'inquisition.»

Le temps a montré qu'il n'y avait pas là un dilemme, comme l'avait cru Poincaré, mais un cumul. Et que 1e même impôt pouvait, selon les cas, aboutir aussi bien à la duperie qu'à l'inquisition.

Les contribuables l’avaient pressenti, malgré les formules prudentes dont s’étaient enveloppés à leur naissance les divers projets de « justice fiscale ».

D’où l’hostilité de tous, des petits et des grands, devant l'idée dont, au Parlement, Joseph Caillaux allait se faire l'apôtre.

Et puis, la France n'avait pas oublié le «système des fiches», enfanté par l'affaire Dreyfus, et qui livrait les personnes aux caprices de la délation, aux haines de la politique. Il semblait impossible de soustraire le contrôleur à de tels courants.

Ces défiances et ces colères, d'année en année, s'accumuleront contre l'homme qui a résolu d'attacher son nom à la réforme. Elles tenteront d'atteindre le ministre, si elles n'ont pas la force de triompher directement de l'institution. Faire tomber l'un, croira-t-on, c'est faire tomber l'autre.

On cherche les défauts de la cuirasse. Joseph Caillaux, ce grand bourgeois, ce gros possédant, peut-il désirer sincèrement livrer sa fortune à l'examen du contrôleur? N'est-ce pas une simple attitude, un geste de démagogue avide de renommée? C'est cela qu'il faudrait prouver, la mauvaise foi de l'homme, cela qu'il faudrait pouvoir jeter à l’opinion. Mais comment la convaincre? Or, un jour, une lettre a été apportée à Gaston Calmette, une lettre de Joseph Caillaux lui-même, qui va fournir l'argument cherché...

Flèche que Calmette glisse dans son carquois, où deux autres l'attendent déjà : la flèche d'Agadir et la flèche Rochette.

samedi 5 janvier 2019

Recherche sur la Légion d'honneur

Il y a le site bien connu de la base Léonore des Archives nationales où figurent nos Leroux et nos Duffié. Cependant certains dossiers très anciens sont manquants.


Pour les premières années de la LH, il existe ces livres détaillant les biographies de premiers légionnaires :

Fastes de la Légion d'honneur - biographie de tous les décorés :






et "Etat général de la légion d'honneur" listant tous les légionnaires jusqu'en 1814 :

  • tome premier :


  • tome second :

Figure notamment dans ce second tome : BENOIST, grenadier à pied de la garde impériale (page 163 du 14 mars 1806 (RAJOUT 2024))
Bernard BENOIT est l'époux de Marie Claude QUITELLE. Les QUITELLE sont apparentés aux TILLIER.


(EDIT 2023
https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/e0052a8f0a9ed164/52a8f0aaa3ff1
https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/e0052a8e100cb69d/52a8e10d48014
histoire
http://pointusdebandol.com/histoire/route-maritime-de-napoleon-au-retour-de-lile-delbe/

(EDIT 2024
Pas de CASIEZ dans les 7 volumes ci-dessus

lundi 30 avril 2018

Hommage à Alfred Duffié



Extrait du petit Parisien 1889

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4747527/f1.item.r=%22alfred%20duffi%C3%A9%22.zoom



HOMMAGE A UN FRANCAIS
Nous lisons dans la Courrier des Etats-Unis :
« On vient d'inaugurer en grande pompe au
cimetière connu sous le nom de « North Burial
ground » à Providence un monument élevé à
la mémoire de M. Alfred Duffié.
« Ancien officier dans l'armée française, M.
Dufflé était venu vers 1860 s'établir aux Etats-
Unis, et quand éclata la Guerre de Sécession, il
prit du service dans l'armée fédérale et fut
nommé colonel du 1er régiment de cavalerie du
Rhode-Island.
Il se distingua en plusieurs occasions, ce
qui lui valut, à la fin de la guerre, d'être nommé
brigadier-général.
« Il remplit plus tard les fonctions de consul
des Etats-Unis à Cadix (Espagne) et mourut à son
poste en1880.
Ses restes, ramenés à Providence, ont été
inhumés dans le cimetière où l'on vient d'inau-
gurer le monument élevé a M. Duffié par ses
anciens camarades de régiment.
« le gouverneur du Rhode-Island, le maire de
Providence, un grand nombre d'officiers de la
grande armée de la République, ainsi que plu-
sieurs postes de vétérans, sans compter l'Asso-
ciation des vétérans du 1er régiment de cavalerie
du Rhode-Island, assistaient à la cérémonie.
« On y remarquait aussi Mme Duffié. la veuve
du général, avec son files et sa belle-fille.
« Enfin, la Société française la Gauloise, de
Providence, avait été invitée à la cérémonie :
elle s'y est rendue, drapeau tricolore en tête, et
devant le monument elle a chanté la Mar-
seillaise. »

dimanche 29 octobre 2017

Cimetière parisien de Passy

Petite promenade dominicale au cimetiére de Passy à la découverte de la scépulture Chenu-Rodier (2015). 


En plus de la chapelle Chenu Rodier,
Les sépultures de la famille Delessert (industrie du sucre de bettrave)
Celle d'une Hélène Bouilloux-Lafont (1910-2003)
Celle de l'empreur du Viet-Nam Bao Daï
Une tombe sans inscription.

samedi 28 octobre 2017

vendredi 18 août 2017

nouvelle activité pour LEROUX DUFIE


Publicité dans La Presse (1837) pour un cours de technologies sur la fabrication des sucres par Leroux Dufié à l'école d'agriculture:

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4270087/f4.item.r=duffi%C3%A9%20l%C3%A9gion.zoom


autre ouvrage
idem 1839

DU RAFFINAGE DES SUCRES BRUTS DE LA FABRICATION DU SUCRE INDIGENE
Et des causes de la fermentation et de ]'altération des sirops dans les sucreries et dans les raffineries, considérées sous le rapport du rendement des sucres bruts, par M. LEROUX DUFÏE
1 vol. in-8, orné de 4 planches. Prix 5 fr.– Paris. Mme Veuve HUZARD, rue de l'Éperon; DAUDRÉE, galerie Vivienne. (1083)



activité d'INGENIEUR CIVIL (1868?)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6562742f/f373.item.r=%22leroux%20dufie%22.zoom



Description du procédé Leroux Dufié (ouvrage de 1839)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6306637w/f195.image.r=%22leroux%20dufie%22

lundi 14 août 2017

[14-18] Les décorations rubans, rosettes et cravates (suite et fins)- Charles Chenu (1855-1933)

Trois écrits de Charles Chenu feront suite à son premier article :

LES DÉCORATIONS LETTRE AU DIRECTEUR DE « LA LIBERTÉ »
12 novembre.
Mon cher directeur, Vous voulez bien me communiquer la lettre d'un de vos lecteurs qui repousse l'idée d'établir, pour le port des insignes de la Légion d' honneur, une distinction au profit de ceux qui auront été décorés pour faits de guerre en 1914, et vous avez la courtoisie de me provoquer à une réponse.
A en juger par les lettres que j'ai reçues, votre correspondant est seul à demander le maintien du statu quo.
Si la Légion d'honneur était demeurée ce qu'elle fut dans l'esprit de son fondateur, si elle n'avait jamais été décernée que pour des mérites exceptionnels profitant au pays, il pourrait avoir raison. Mais, sans polémique, sans qu'il soit besoin d'évoquer le souvenir de certains scandales, il reconnaîtra avec moi, avec tous, que le ruban, détourné de sa destination première, a récompensé à profusion des services qui n'intéressaient ni de près, ni de loin, le salut ou la grandeur de la France. On s'en est à peu près accommodé.
Mais aujourd'hui c'est l'existence même de la nation qui est en cause. L'histoire universelle n'offre rien qui soit comparable à la guerre de 1914, ni pour l'énormité de l'enjeu, ni pour l'immensité des sacrifices consentis, ni pour la sublime émulation de dévouement et de courage entre nos combattants. Que fait-on?
La médaille militaire aux sous-officiers et soldats, la Légion d'honneur aux officiers : voilà l'héroïsme récompensé. Et c'est fort bien.
Ce qui l'est moins, c'est qu'avec son ruban rouge, le héros est élevé au même niveau qu'un sous-préfet qui a fait de bonnes élections, ou qu'un avocat qui a réussi. Si le sous-préfet et l'avocat sont des honnêtes gens, ils ne peuvent pas tolérer cette égalisation.
Votre lecteur paraît croire que je demande une Légion d' honneur civile pour les civils, une Légion d'honneur militaire pour les militaires. Ce n'est pas cela. Je voudrais qu'un signe visible permît de distinguer le ruban décerné pour faits de guerre de 1914. Je ne regarde ni l'homme, ni son habit; je vais au fait. Le maire de Reims, civil, aura ce signe. Tel brave homme d'officier, décoré à l'ancienneté, loin du feu, ne l'aura pas.
Pour le choix de ce signe, je suis sans amour-propre d'auteur. S'il en coûte trop aux légionnaires actuels de diminuer la largeur de leurs rubans, ajoutons à l'insigne des décorés pour faits de guerre de 1914 un chiffre, une étoile, une croix minuscules, ce qu'on voudra, pourvu que je puisse demain reconnaître au passage les plus glorieux entre les sauveurs de la Patrie.
C'est bien le moindre devoir de ceux qui ne risquent rien envers ceux qui risquent tout.
Je vous prie, mon cher Directeur, d'agréer l'assurance de mes meilleurs sentiments.
(La Liberté.)

LES DÉCORATIONS
AMENDEMENT
7 décembre 1914.
Un bel article de M. Maurice Barrès a donné un nouvel élan à la question des distinctions décernées pour faits de guerre en 1914. Ce m'est une occasion de revenir à la proposition relative aux croix de la Légion d'honneur données pour actions d'éclat au cours de la campagne actuelle et qu'il s'agirait par un signe quelconque de distinguer des croix antérieures. Le projet a suscité des mécontentements prévus que je persiste à négliger, mais a provoqué aussi des chagrins dignes d'égards.
Un receveur en retraite, sous-officier d'infanterie en 1870, amputé, m'écrit d'une plume irritée qu'il ne veut pas de discrédit pour son ruban rouge : « Ma croix vaut bien, dit-il, celles de mes jeunes camarades de 1914. »
Il a raison.
Plus calme, un ancien capitaine d'infanterie coloniale, réformé n° 1, écrit « qu'il a souffert et beaucoup, parfois solitairement, pour avoir le ruban rouge et qu'il craindrait d'avoir l'air d'avoir eu un faux courage, alors que seuls ceux de 1914 auraient eu le vrai»
Il a raison.
Sans doute, il n'est jamais entré dans ma pensée de discréditer les justes récompenses décernées à ces braves. Mais sous l'étreinte du drame immense et superbe où l'Europe est engagée, où s'absorbent depuis quatre mois toutes nos pensées, j'ai pu perdre de vue un principe auquel on me rappelle.
C'est que la gratitude de la France est à l'abri de toute prescription, que le temps ni la distance ne doivent avoir aucune prise sur elle et que l'égalité de traitement s'impose entre ceux qui aujourd'hui libèrent pied à pied le sol national et ceux qui eu 1870 l'ont défendu ou ceux qui, en Chine, au Tonkin, au Maroc, ont prodigué sur les champs de bataille leur bravoure et leur sang.
Je maintiens donc, mais j'amende.
Je maintiens, me sentant appuyé par une opinion presque unanime, que nous aurons après la paix l'impérieux besoin de saluer au passage les plus glorieux de nos héros.
Dieu seul à première vue reconnaît les siens.
N'ayant pas cette faculté, nous voulons qu'on nous aide et qu'on nous permette de distinguer entre les autres le décoré pour faits de guerre.
Est-ce rabaisser le mérite civil et disqualifier le ruban rouge qui l'a consacré? Eh non! ne me parlez plus de discrédit. Rien n'est plus à faire : tout est fait. Le discrédit est l'œuvre d'un passé où les complaisances, les faveurs, les concours politiques et électoraux se sont substitués au mérite, au point que, dans la hiérarchie de la Légion d'honneur, un fonctionnaire, disposant d'amitiés puissantes, précède souvent les plus illustres de nos savants, de nos hommes de lettres ou de nos artistes, sans que d'ailleurs ceuxci s'en plaignent.
Je ne porte donc nulle atteinte ni aux droits ni aux passe-droit en réclamant le signe distinctif pour faits de guerre. Reste à le créer. L'agrafe paraît, d'après la petite consultation qui m'est parvenue, réunir la pluralité des suffrages. Créons l'agrafe.
Nous ne ferons en cela que suivre l'exemple de nos amis les Russes, qui, pour certains de leurs ordres, ont la croix ordinaire, à laquelle s'ajoutent deux épées croisées, quand elle est donnée pour faits de guerre.
Et j'amende.
Cette agrafe, nous ne la donnerons pas seulement aux décorés de 1914; elle sera attribuée également aux rubans décernés pour tous faits de guerre antérieurs, dont la revue sera facile.
Mais c'est bien entendu; je le répéterai sans cesse, qu'il s'agisse de 1914 ou de toute autre année : Pour faits de guerre seulement, seulement, SEULEMENT. Vous devinez mes craintes.
(Le Gaulois.)

LES DÉCORATIONS NE PARONS PAS L'UNIFORME
13 décembre 1914.
J'entrais, il y a quelques jours, dans un restaurant des boulevards. A la table voisine de celle que j'allais prendre trois dîneurs étaient installés, dont un caporal en uniforme, portant sur sa tunique de fantassin le ruban et la croix de la Légion d'honneur. D'instinct, je me disposais à le saluer, sans le connaître. A la réflexion, je me suis méfié : j'ai simplement passé mon chapeau au garçon.
Je ne sais pas encore si j'ai eu tort.
Et si je ne le sais pas, c'est que beaucoup de mobilisés ont cru convenable de transporter de la jaquette à l'uniforme en y ajoutant croix ou palmes, le ruban rouge violet ou autre que leur avaient valu leurs mérites civils.
C'était leur droit. Ont-ils bien fait d'en user? Je pose la question.
Je ne blâme pas la pensée qui, sans doute, les a guidés. Heureux et fiers d'endosser l'uniforme, ils ont voulu l'honorer par une contribution personnelle et l'associer par la parure de leurs rubans à leurs efforts heureux et à leurs distinctions de la vie civile interrompue.
Je les comprends ; je sens autrement. On n'a pas à honorer ni à parer l'uniforme.
L'honneur ici, c'est l'uniformité ; la parure, c'est la simplicité. N'ajoutons à l'uniforme rien qui ne vienne de lui, qui n'ait été gagné par lui. Ne compromettons pas l'alignement, fût-ce de l'épaisseur d'un ruban ou d'une rosette, s'ils n'ont pas été conquis sous l'uniforme. Rien ne doit briller dans le rang que croix et médailles obtenues sous les armes. L'invisibilité est la règle : en y manquant, on attire à soi les balles des Boches ou les regards des badauds. C'est au moins inopportun.
La servitude militaire doit être absolue.
A cette condition, elle est grande et féconde.
Grande, parce qu'elle emporte le renoncement au plaisir, au bien-être, à toutes les petites satisfactions de la vie, et qu'elle va jusqu'à l'offre de la vie même. Féconde, parce qu'elle crée alors cette fraternité d'armes qui coule comme un grand fleuve limpide et pur d'un bout à l'autre du front de nos armées, qui se répand depuis quatre mois partout où l'on se bat et partout où l'on souffre, et qui, l'heure venue, balaiera de son irrésistible courant les petites intrigues, les mesquines rivalités, les habiles combinaisons de nos politiciens inquiets.
Acceptez cette servitude, vous tous qui portez l'uniforme. Acceptez-la sans un regret, sans un regard sur le passé. Il n' y a qu'une livrée qui soit glorieuse ; mais elle l'est plus que les habits les plus chamarrés.
C'est la livrée de France. Ne cherchez pas à l'embellir : c'est impossible. Vous risquez d'embarrasser vos chefs et d'en être gênés vous-mêmes.
Voyez au front.
Voyez ce général d'armée qui a revêtu la tunique du simple soldat et qui ne montre ni étoile ni plume blanche. Oserez-vous devant lui conserver votre gentil ruban?
Voyez à vos côtés ce camarade qui a quitté son établi d'ouvrier à l'heure où vous quittiez votre atelier d'artiste ou votre cabinet d'homme de lettres. Pour lui serrer la main un soir de bataille, pour l'embrasser s'il vous a sauvé la vie, ou plus simplement pour associer dans la familiarité du tutoiement vos aspirations, vos haines et vos espoirs, ne craignez-vous pas que ce morceau de soie ne fasse cloison entre vous?
Si vous le pensez avec moi, remisez discrètement votre ruban. Ne le montrez pas sur la ligne de feu, si ce n'est pas là que vous l'avez gagné. Montrez-le moins encore sur nos voies publiques, à moins qu'il ne soit retour des Flandres, d'Argonne ou des Vosges.
Vous le retrouverez après la guerre, et vous pourrez alors vous appliquer, si peu que ce soit, la parole d'un des personnages d'Alfred de Vigny : « Et moi aussi, j'ai fait abnégation. »
(Le Gaulois.)