lundi 11 novembre 2013

2013 Veteran's Day - commémoration de l'armistice du 11 novembre

Today let honor our military ancestors and military cousins.
Honorons aujourd'hui nos ayeux et cousins militaires.
update Nov 28 adding Geoffroy Chateau and Frédéric-Moreau
update Dec 26 2002 adding obit link for Claire Duffié, Carpentier's rank




Nattie Duffié at Bull Run
(wikipedia)
Alfred Napoléon Alexandre "Nattie" Duffié
(1833, Paris France - 1880 Cadiz, Spain)
US Cavalry Brigadier General, US Consul
Crimean War - US Civil War (1861-1895)



Alphonse Théodore Lecointe
(military-photos.com)
Alphonse Théodore Lecointe
(1817 Evreux - 1890 Paris 6)
Division General, Paris Military Governor, Eure State Senator



Melchior Gaspard Batlthazar Leroux
(1748 Evreux - ?)
 Eure State 1st Battalion, MIA, probably POW
French Revolutionary War of the First Coalition


Claire Alfred Pelton Duffié
(1917 - 2003)
US Air Force, 434 Fighter Squadron
World War II ...


Sophie Gilbert Caffierry
(1789 Evreux - 1835 Lille)
11th Veteran Riflemen Company, Sergeant
Died at the Lille Military Hospital




Claude Etienne Hugau
(1741 Paris - 1820)
Cavalry officer then General Inspector, Eure state representative
here is a short biography


World War I

Henri Alexandre Boisseau
(1890 Pernant - 11 August 1918 Ravenel, Sain-Just)
6th Cuirass (breastplate) Regiment, 2nd class Private

Edouard Georges Duffié
(1872 Braisne - 6 April 1915 aux Eparges)
67th Infantry Regiment, Battalion Commander
rajout 2019 : article du Figaro, registre matriculaire, revue de régiment

Alexandre Francois Victor Leroux
(1873 Orchies - 7 July 1916 Froméréville)
55th Artillery Regiment, Captain

Paul Ernest Jean Conchon
(1895 Clichy sous bois - 14 October 1915)
8th Infantry Battalion, 2nd class Private

Eugène Frédéric Geoffroy-Chateau
(1874 Brunoy - 13 April 1917 Villers Marmery)
Villers Marmery National Necropolis
19th Dragoon Regiment, Captain

Paul Lucien Frédéric Frédéric-Moreau
(1878 Paris 9 - 13 April 1918 Quiry le sec)

228th Field Artillerie Regiment, Captain


Jacques Hardelay
(1881 Paris 2 - 23 April 1915 Boésnighe, Belgium)
4th Ordnance Regiment, Lieutenant

Julien Poupinet
(1881 Le Chesnay - 18 April 1918 Domart sur Luce)
41st Infanrty regiment, Lieutenant

Pierre Rommetin
(1881 Plessis Belleville - 12 August 1916 Corbeny, Aisne, Bois des Beaumarais)
267th Infantry Regiment, Lieutenant

(Ange Henri) Pierre Tiesse
(1884 Boulogne sur Seine - 21 July 1916 Flaucourt, Somme)
28th Senegal Shooter Battalion, 2nd Lieutenant


Paul Alexandre Robert Tronchon
(1896 Saint-Witz - 13 February 1916 Troyes)
35th Infantry Regiment, 2nd class Private




World War II

Jacques Carpentier
(1913 Paris 6th Arr - 09 November 1942 waters out of Oran, Algiers)
Actéon Submarine, lost at sea, Ensign/Enseigne de vaisseau de première classe

Emmanuel Dadvisard
(1915 Tours - 27 March 1944 Succivo, Italy)
69th Artillery Regiment, military
Plane crash

René Jean Marie Dhuicque
(1904 Thieux - 11 May 1940 Grapfontaine, Luxemburg)
60th Infantry Reco Group, military

Louis Rene Luc Lepeu
(1912 Paris - 10 July 1940 Touza, Moroco)
Bombing Group 1/34, 2nd Lieutenant

Jean Pinard
(1912 Paris - 17 October 1944 Cronimont)
64th African Artillery Regiment, military

Henri Marie Jacques Rendu
(1915 Paris - 23 November 1944 Wolfisheim, Bas-Rhin)
397th Road Traffic Company, Captain
Shot dead.

Paul Schaeffer (aka/alias Pauly)
(1916 Paris - 16 June 1944 Leaz, Ain)
FFI Interior French Forces, military





North Africa Conflicts

Yves Marie Robineau
(1936 - 21 August 1958 Algiers)





sources:
Felix Boisseau's genealogy (born circa 1580)



dimanche 10 novembre 2013

AMY DES BEAUX BRUNS... avec un nom pareil...

Avec un nom pareil, facile me direz-vous de faire sa généalogie. Pas si sûr...


Les bases de données généalogiques ne regorgent pas de ce patronyme et il est souvent mentionné Amy et non Amy des Beaux Bruns (base ETANOT des notaires parisiens, édition 1953 du bottain mondain).

Plusieurs interrogations subsistent:
Quand rajoutent-ils des beaux bruns à leur nom et pourquoi? Pour se distinguer des Amy déjà implantés à Paris?


Sancoins est un chef-lieu du Cher situé dans l'arrondissement de Saint-Amand-Monrond.
Comme dans de nombreuses familles provinciales, une branche s'installera à Paris, gardant étroitement le contact avec Sancoins (présent en témoins aux mariages des proches parents).



Cette branche Amy comporte plusieurs greffiers/juges de paix et initie une lignée de quatre notaires.
Le premier notaire de la famille s'installe à Sancoins; son fils s'installe lui à Paris; c'est ensuite son neveu et son petit neveu qui reprennent l'étude, constituant probablement l'une des "dynasties" de notaires parisiens, comprenant un doyen honoraire des notaires parisiens, et une reconnaissance sous forme de présidents de la chambre des notaires de Paris.
Leur étude est référencée par le nombre romain XL dans le 16ième arrondissement. Initialement située au 12 puis au 15 rue Benjamin Franklin, cette étude est déplacée au 107 rue de la Pompe, le notaire résidant au 105. Ces locaux ont aujourd'hui disparus et l'étude contemporaine la plus proche est au 4 rue de la Pompe.
Côté justice de paix, l'ascension sociale se fait sur deux générations, de greffier à juge de paix. Le décès du petit-fils Elie Charles encore étudiant en 1866 interrompt certainement ce corporatisme qui le promettait certainement à devenir juge de paix. Sa soeur Marie Anne Victoire Isabelle épouse Emile Ferrand juge paix s'installant à Sancoins.




Voici donc la liste d'individus que j'ai pu reconstituer, les travaux s'arrêtant au XVIIIème siècle. Les informations pré-révolutionnaies n'ont pu être confirmées ou complétées car les registres paroissiaux ne sont pas disponibles en ligne sur le site des archives départementales.


1ère génération
I - Antoine AMY DES BEAUX BRUNS. Sans autre information, il est mentionné sur les actes de son fils.


2ème Génération
II - Charles AMY DES BEAUX BRUNS (né vers 1763 selon son acte de décès établi à Sancoins le 14/05/1803). Charles est tout d'abord commis aux aides, puis greffier de la justice de paix. En 1843 au mariage de son fils, il est qualifié de propriétaire à Sancoins. Il est probable que Charles ne soit pas originaire de Sancoins car il n'y a à l'èpoque pas d'autres AMY dans la commune et aucune indication sur son père ou leur origine.
Il épouse le 22 avril 1782 à Sancoins Anne Louise Françoise PAULTRE (décédée entre 1843 et 1853). Cette dernière est qualifiée de propriétaire en 1807 lors du mariage de sa fille.

3ème Génération
III A-  Anne (Louise) Sophie AMY DES BEAUX BRUNS (née le 04/1783 à Sancoins, décédée le 06/12/1853 à Sancoins). Elle aussi est qualifiée de propriétaire (acte de décès).
Elle épouse à Sancoins le 28/07/1807 Claude ACKER (né à Issoudun le 02/1772 - Décès : après 1853) chirurgien à Rueilly (Indre) en 1807 puis docteur en médecine à Sancoins en 1843. Il est fait mention de ses états de service de chirurgien de l'armées. Il est qualifié de propriétaire à Sancoins. Claude Acker apparait sur plusieurs actes de naissance de la famille AMY. A-t-il supervisé des accouchements?
III B-  Claude Charles AMY DES BEAUX BRUNS (né le 03/08/1784 à Sancoins - décédé le 14/05/1843 à Sancoins), notaire, proriétaire et maire de Sancoins en 1843. Claude Charles fait ses études de droit à Paris (acte de mariage de sa soeur en 1807) et est très tôt qualifié de propriétaire à Sancoins sur les actes d'état civil (dès 1811). Propriétaire prime probablement sur clerc de notaire...
Son épouse Marie CLAVEAU (25/12/1781 - 27/08/1847) est veuve de son premier mari en 1811 et elle est également qualifiée de propriétaire. Le couple s'unit à Sancoins le 22/08/1811 et a 3 enfants à Sancoins.

4
ème Génération
IV BA- Charles Victor AMY (né le 23 décembre 1813 à Sancoins (?) - Décès : 28/08/1897 à Paris 16, à 84 ans), principal clerc de notaire, puis notaire (de 1847 à 1895), puis doyen honoraire des notaires à Paris. Ses actes et son étude notariale font mention du patronyme AMY uniquement.
Un petit mystère semble entourer la naissance de Charles Victor. Il ne figure ni dans la table décennale ni dans le registre des naissance de Sancoins en 1813 (ou les années précédentes ou suivantes) par contre sa date de naissance est le 23 decembre 1813 selon la table electorale parisienne de 1871 (domicile 12 rue Franklin, notaire).
Charles Victor épouse Adèle LELOUCHE (Décès : après 1897) à Paris 10ième arrondissement le 24/09/1846. Cet acte parisien n'a pas été reconstitué après sa destruction. Qui de la famille Amy fait le deplacement a leur mariage?
Ce couple figure dans la base Roglo par les Lelouche.
IV BB- Cyr Vincent Charles AMY (né le 16/01/1813 à Sancoins et décédé le 03/12/1886 à Sancoins) juge de paix, maire, conseiller général et député du Cher. Il est décoré de la Légion d'honneur en 1862 pour ses mandats de représentant du peuple. Au debut des annees 1870, il participe a la souscription pour la reconstruction du palais de la Legion d'honneur (voir Gallica.fr).

p.113 AMY DES BEAUXBRUNS (Cyr-Vincent-Charles), ancien conseiller général, député à l'Assemblée nationale 25
Il est marié à Anne Alexandrine LAINÉ qui ne semble pas être originaire de Sancoins (acte de mariage non établi à Sancoins).


IV BC-  Anne Louise Sophie Aline AMY DES BEAUX BRUNS  (Naissance : 27/01/1817 à Sancoins)
épouse Louis Marie Alexandre FAUVELLE receveur de l'enregistrement au bureau de Sancoins lors de son mariage, il est originaire du Pas-de-Calais (Hucqueliers). (Naissance : 04/03/1809 - Décès : après 1843 - Mariage à Sancoins le 17/09/1837)
Le couple aura au moins un enfant à Sancoins:
V BCA- Félicie Alexandrine Thaïs FAUVELLE (née le 30/05/1843 à Sancoins)


5ème Génération
V BBA-  Elie Cyr Charles Alexandre AMY DES BEAUX BRUNS (Naissance : Vers 1844 - Décès : 09/10/1866 à Sancoins) étudiant à Sancoins. Il y décède à 22 ans. (il n'est pas né à Sancoins!)
V BBB-  Marie Anne Victoire Isabelle AMY (Naissance : 20/07/1848 à Sancoins)
épouse Emile FERRAND (Naissance : son acte de mariage mentionne deux dates: sa date de naissance le 09/02/1839 et son acte de naissance dressé le 11/01/1839 à La Guerche) - (Mariage : 20/04/1868 à Sancoins) juge de paix à Sancoins en 1875. Il reprend donc la fonction de son beau-père ou au moins travaille avec lui. Période à verifier. Il sera plus tard qualifié de propriétaire et de rentier. Il est fait mention de son exonération de service militaire par certificat du préfet de la Nièvre.
V BBC-  (Marie Charles) Victor AMY DES BEAUX BRUNS (Naissance : 20/05/1854 à Sancoins- Décès à Paris 16 le 07/03/1929, à 75 ans), principal clerc de notaire, notaire à Paris de 1895 à 1921, président de la chambre de notaires de Paris. Chevalier de la Légion d'honneur en 1920. A cette date-là, Victor a oeuvré depuis 1905 à la chambre des notaires de Paris, soit quatre mandats, allant de secrétaire, puis rapporteur, premier syndic et finalement président (deux mandats). Il reprend l'étude de son oncle Charles Victor.
épouse Eugénie Louise/Laura Marguerite CHENU (Naissance : 24/09/1859 ou 20/09/1859 à Paris I - Décès le 10/07/1945 - Mariage à Paris 7 le 21/06/1882). Eugénie est une descendante Tillier et à ce titre une petite-nièce du père de Jean-baptiste Leroux-Duffié. Hasard ou simplement localisation à Passy, les Amy seront les notaires d'actes relatifs aux TILLIER dans les années 1852. Voir cet article et le lien de cousinage ci-dessous.
Le couple a au moins deux enfants (voir ci-après sixième génération).
V BBD-  Adèle Marie Marthe AMY DES BEAUX BRUNS (Naissance : 05/11/1856 à Sancoins - Décès : 1955 à Paris)
Paul Eugène Max RADOUX (Naissance : 30/01/1847 à Moulins) - (Mariage : 22/11/1875 à Sancoins) capitaine adjudant major en 1875 au 2ième régiment de ligne
x GILLET Joseph (divorsé) (Naissance : 07/08/1844 à Chateauroux- Décès : 29/12/1901 à Paris 16) - (Mariage : 24/10/1889 à Sancoins)
V BCA- Félicie Alexandrine Thaïs FAUVELLE (née le 30/05/1843 à Sancoins)


6ème Génération
V BBCA-  Charlotte Suzanne AMY DES BEAUX BRUNS Veuve Fressart (Naissance : 01/06/1883 à Paris 7 - Décès : 12/1925) (faire-part de décès dans le figaro).

épouse André Charles FESSART (décédé avant 1925) le 01 juin 1904 à Paris 16.

V BBCB-  (Ferdinand Charles) Henri AMY (Naissance : 03/08/1886 à Paris 7 - Décès : 30/12/1965, à 79 ans). Il commence comme clerc de notaire de 1907 à 1921 puis succédant à son père, notaire à Paris de 1921 à 1951, chevalier de la Légion d'honneur de 1937 en qualité de président de la chambre des notaires de Paris; son dossier d'archives de la Légion d'honneur est très riche. Il est décoré de la Croix de Guerre.
Herny figure dans l'édition 1953 du bottain mondain. Il n'y est fait aucune mention d'une épouse ou d'enfants.
Henry épouse Marguerite Nelly BLAGE - (Mariage : 25/06/1918 à Paris9)









La magistrale signature du notaire Charles Victor Amy en 1852
avec celle d'un Tillier


Représentation graphique de la branche:




Cousinage Leroux par les Tillier:




Base Roglo:
Les trois notaires parisiens Amy sont listés dans les études parisiennes de Roglo.
Le premier notaire est répertorié par son alliance Lelouche et mentionné comme né à Paris




vendredi 8 novembre 2013

Vocabulaire

Vieux métiers dépassés par la révolution industrielle, mots obsolètes, cette page a pour vocation de vous faire revivre un court instant:



Guillocheur....

http://www.littre.org/definition/guillochis

jeudi 7 novembre 2013

Claude Etienne HUGAU

Ce post reprend l'intégralité de messages parus sur le forum des Amis du Patrimoine Napoléonien avec l'aimable autorisation de leur auteur Jean-Yves Labadie (www.lesapn.org).

Claude-Etienne Hugau fait partie de la descendance Jacquet-Aubertin que l'on peut trouver sur ce blog.

La présente biographie résulte d'une synthèse des recherches bibliographiques de Jean-Yves Labadie que je remercie pour son travail qui permet de faire revivre l'exceptionnelle carrière de cet officier.



Claude-Etienne Hugau, fils d'Etienne, domestique, et de Marie-Thérèse Poupin, naît à Paris le 2 avril 1741. Il s'engage comme soldat, au régiment de Bretagne en 1757, puis est affecté, en 1761, à celui du Colonel-Général comme cavalier, sous les ordres du duc de Bouillon avec qui il fait la guerre du Hanovre. Le duc le remarque et Hugau se met à gravir très vite les échelons : 1763, maréchal des logis ; 1765, porte-étendard (sous-lieutenant de cavalerie); 1768, lieutenant, et capitaine de cavalerie le 15.08.1769 (ce jour-là, en Corse, naissait Napoléon 1er) ,il est alors au régiment Royal-Comtois. ce corps est désigné pour faire campagne aux Indes afin d'aider le nabab Ayder-Alican en lutte contre les Anglais. C'est là l'occasion pour les Français de prendre leur revanche sur ces derniers qui les ont chassés de cette colonie en 1761, suite à l'incapacité du gouverneur Lally-tollendal qui s'était aliéné les princes indiens.

La compagnie de Hugau s'embarque à Bordeaux, sur le Duc de Praslin,le 9 novembre 1769. Durant la traversée, notre héros et ses compagnons auront droit à la cérémonie du Bonhomme de ligne, ils assisteront dans l'Ile de France (ancien nom de'Ile Maurice) à la cruauté des blancs envers les esclaves, ils seront étonnés des us et coutumes aux Seychelles; lors de cette escale, le fils de l'Imam est flatté que les français l'aient salué de 5 coups de canons selon l'usage, ce que ne font pas les Anglais, aussi l'entente est-elle bonne. A Goa, durant l'escale qui y est faite, bien que les Portugais gardent jalousement leurs femmes, l'une d'elles, à travers sa fenêtre, remarque Hugau et réussit à lui faire parvenir une invitation pour le soir-même. Hugau, tout fier, se met sur son "31" et se rend à l'heure dite chez la personne en question. C'est alors que, lorsqu'il voit apparaître la dame, il se rend compte qu'il est tombé dans un piège : La femme est d'un âge plutôt certain et les attributs de la beauté l'ont depuis longtemps quitté. Fort heureusement, Hugau trouve une ruse, il dit "Ah !!! Madame !!! je suis indigne de tant de beauté !!! Je préfère me retirer !!!" et il s'en alla.

Le 1er janvier 1771, le régiment embarque sur un bâtiment de guerre, la flûte le Mascarin, qui n'est ni équipé, ni escorté afin de préserver le secret de ce voyage. Mais, après son escale à Karward, le 5 vers 18 h, le danger fait son apparition à la hauteur d'Angola, sous forme de 3 galvettes pirates (petits bâtiments légers dont se servent les pirates indiens et pouvant contenir jusqu'à 300 hommes) qui les rejoignent et leur envoient 2 coups de pierres (arme à feu de jet semblable à un petit canon). La flûte ne pouvant se défendre, les Français sont capturés, et, malgré une rançon de 50 roupies, ne sont pas libérés. Aussi,décident-ils de se faire passer pour des Anglais. Le 6, le commandant Hugels doit rejoindre le chef pirate, il demande à ses hommes d'obéir à Hugau. Vers 14 heures, tout s'arrange, la ruse a réussi et, les pirates fraternisent. A tel point que, pour en être débarrassés, les pseudo-Anglais doivent leur faire des présents d'un montant de 2.400 livres, plus une lettre de recommandation pour tous les commandants Anglais signée Georges Preston (Hugels). En échange, les français reçoivent un passeport.

Le 7, à midi, Claude Hugau aperçoit de nouvelles galvettes auxquelles Le Mascarin échappe de peu. Il fait escale à Honavar où se trouveun vaisseau d'Albion Le Northumberland (s'agit-il du même vaisseau que celui qui devait emporter plus tard Napoléon à Ste-Hélène ou d'un "prédécesseur" de celui-ci ?). Hugau fait partie des 3 volontaires chargés à pied jusqu'à Mangolor, de demander une escorte au gouverneur. Arrivés à destination, quelle n'est pas leur surprise en voyant Le Mascarin. Celui-ci s'était fait escorter par l'Anglais moyennant 10 piastres. Le régiment continue sa route à cheval, vers Ayder Nagar. Enfin, le 2 mars, à 7 lieues de Srirangapatna, à 14 heures, a lieu la bataille de Melcotta contre les Marattes (indiens alliés des Anglais). Grâce aux canons, ceux-ci sont vite chassés, mais Ayder Alican ne profite pas de son avantage, et le 6, la victoire se transforme en retraite. Durant celle-ci, Hugau ayant cru voir une colonne amie, se dirigea vers elle, et faillit tomber entre les mains de l'ennemi. L'expédition se révélant un échec, les Français quittent l'Inde dans la rade de Tellichery, le 13 janvier 1772.


 Initinéraire de Claude Hugau en Inde
(source J-Y. Labadie, www.lesapn.org)



Hugau entre dans la Légion Royale en 1774, dans le Royal Dragons en 1776. Il se marie le 1er september 1778 avec Eléonore Dolbelle, née le 8 juillet 1754 à Versailles, fille des défunts Guillaume-Pierre Dolbelle, officier de la Bouche de Madame, et de Marie-Madeleine-Cécile Dubois (une nièce d'Eléonore, Marie-Eléonore Jacquet-Aubertin épousa le 18 Thermidor an IX Michel Ozanne, directeur de l'ecole centrale de l'Eure dont la tombe est à Arnières sur Iton). Le même jour, leroi le nomme Aide-major Général du corps de Volontaires des Etrangers de Marine sous les ordres du duc de Lauzun. Le 20 juin 1779, Claude Hugau est nommé lieutenant-colonel, et le 5 novembre, il est admis à la dignité de "Chevalier de St-Louis".



 Le couple Dolbelle
(source J-Y. Labadie, www.lesapn.org)


Comme on le voit, les roturiers, avant l'édit de 1781 sur les 4 degrés de noblesse, pouvaient accéder au grade d'officier par le rang (environ 15% des officiers sortaient du rang, on les appelait officiers de fortune), mais en général ils ne dépassaient pas le grade de lieutenant. L'avancement de Hugau est exceptionnel, il le doit à ses qualités, mais aussi aux circonstances particulières qui entourèrent sa carrière.

Le 5 mars 1780, le corps des Volontaires Etrangers de Lauzun (?). Celui-ci passe en Amérique en 1781 ,sous les ordres du comte de Rochambeau où Hugau se distingue. Le 10 juillet de cette même année, il reçoit une lettre du général Washingon qui le félicite et l'invite, lui et sa compagnie, à dîner.
Durant cette campagne d'Amérique, Hugau doit faire face à la jalousie de certains officiers nobles qui sont sous son commandement. Heureusement, les ducs de Lauzun et de Choisy le soutiennent.

De retour en France, Hugau continue à servir dans l'armée de Lauzun jusqu'en mars 1789 où, à près de 48 ans, il prend sa retraite avec une pension de 3.400 livres. Hugau s'installe alors dans l'Eure à Gravigny (près d'Evreux, localité de sa belle-famille), où il est propriétaire du Clos-Bioche. Il retrouve son ancien chef de corps, le duc de Bouillon. Celui-ci ne l'a pas oublié, puisque, le 24 juillet 1789, il le fait commandant en second de lamilice bourgeoise qui deviendra en 1790 la Garde Nationale. Hugau prête le serment civique le 21 février 1790 et, le 6 mars, c'est sous son commandement que les détachements des villes d'Evreux, Louviers, Pont-Audemer, Bernay et Beaumont partent faire le serment de la Fédération martiale à Chartres. Le 10 juillet, il repart avec huit hommes et deux officiers pour la fédération générale de Paris. Ils sont de retour le 24 avec la bannière dont les districts de Paris leur ont fait présent.
Le 25 décembre, apprenant qu'il est nommé juge de paix, mais ne pouvant cumuler plusieurs fonctions, il se démet de celle de commandant de la Garde Nationale. Il démissionnera de nouveau, le 27 novembre 1791,venant d'être éu député de l'Eure. Apprenant sa nomination, le duc de Bouillon l'engage, à titre de "vieille connaissance" à loger chez lui à Paris, quai Malaquais n°1919. Refuser serait indécent et Hugau accepte. Le 24 juillet 1792, il fait hommage à la patrie de sa croix de St-Louis. Le 18 octobre, le député prête serment : "Au nom de la nation, je jure de maintenir de tout mon pouvoir la liberté et l'égalité ou de mourir à mon poste". Il fait partie du comité militaire et présente plusieurs rapports. Son mandat terminé, il retourne à Gravigny avec son épouse, et reprend ses fonctions de juge de paix. C'est alors que le 15 ventôse de l'an II (5 mars 1794), un agent d'affaire du fils du duc de Bouillon vient lui adresser un mandement de 208 livres 4 sols et 11 deniers pour la location du logement parisien de son altesse. Hugau porte plainte.

Après celà, il devient agent supérieur du gouvernement pour le recrutement de 300.000 hommes, puis, toujours juge de paix et, en même temps, commissaire pour annoncer les secours aux pauvres dans 117 communes du département de l'Eure jusqu'à l'an VI. De l'an VI à l'an VIII, il est président du tribunal criminel d'Evreux. Bonaparte arrive au pouvoir et le nomme sous-inspecteur aux revues le 18 germinal an VIII (8 avril 1800) à 59 ans. Ses collègues du tribunal le regrettent. Le voici parti pour la campagne de l'armée du Rhin, sous le commandement de Moreau. Après la guerre, il est affecté à Caen, puis au camp de Boulogne où, le 18 vendémiaire an XIII (10 octobre 1804), Hugau envoie son serment à la Grande Chancellerie de la légion d'honneur, car il est fait chevalier depuis le 18 thermidor an XII (6 août 1804) sous le n° 7 179.

En juillet 1806, il est chargé de faire la revue des élèves de l'école impériale de Fontainebleau. Cette charge est onéreuse. En 1808, il est muté à l'école de St-Cyr et St-Germain. Janvier 1810, Napoléon le nomme inspecteur aux revues (ce grade correspond à celui de général de brigade) et l'affecte le 15 février dans la 4ème division militaire. Juin 1812, il est promu officier de la légion d'honneur. A cette nouvelle, il écrit à la chancellerie pour jouir de ses droits politiques dans un collège électoral de la Meurthe. Son brevet lui est envoyé le 2 février 1813.
Le 30 mai 1814, le ministre de la guerre ordonne à Hugau de se rendre à Nancy pour y reprendre ses fonctions d'inspecteur aux revues. En octobre, Louis XVIII confirme sa nomination à ce poste. Il est finalement mis à la retraite le 7 février 1815, après 58 ans de services qui font de lui le plus vieil inspecteur aux revues. Le roi lui accorde la même pension qu'en 1789. Sa femme décède à Nancy le 30 mai 1815. Quelques temps après la mort de son épouse, il retourne à Evreux avec le corps de celle-ci. Claude hugau meurt le 12 mars 1820. Il laisse derrière lui plusieurs manuscrits qui ne furent jamais publiés, mais que l'on peut consulter au fonds ancien de la bibliothèque municipale d'Evreux.

Sources : Journal itinéraire. Service Historique de l'armée de terre et Bibliothèque municipale d'Evreux (MsFfrn26).
Voyage en Asie Bibliothèque municipale d'Evreux (MsFfrn 28 & 28 bis).
Journal Hyver (ce journal raconte sa campagne en Amérique).




Le dossier de la Légion d'Honneur de Claude Hugau a été détruit par l'incendie des communards parisiens en 1871. Un double existe aux archives municipales d'Evreux et a pu être consulté par Jean-Yves.

texte et source originaux disponibles par le lien suivant:
http://lesapn.forumactif.fr/t3725-hugau-claude-etienne

Quel lien avec les Leroux?
La belle-soeur de Claude Hugau, Marie Marguerite DOLBELLE épouse Jean Auguste Jacquet-Aubertin, cousin germain de la mère de Jean-Baptiste Emmanuel Leroux (premier Leroux parisien, père de Jean-Baptiste Leroux).


Un article sur la famille Dolbelle se trouve ici.